GRIPPE

GRIPPE
GRIPPE

La grippe est une maladie hautement contagieuse, à la fois banale et redoutable puisqu’elle atteint un nombre considérable de sujets, le plus souvent de façon relativement bénigne, mais peut aussi provoquer, chez des personnes âgées ou affaiblies, des affections graves et même souvent mortelles. Le virus de la grippe est caractérisé par une capacité exceptionnelle à se modifier et à échapper ainsi aux défenses immunitaires, ce qui entraîne un comportement épidémiologique particulier: on peut contracter plusieurs fois la maladie puisqu’il n’y a pas une grippe, mais des grippes. Sa gravité peut provenir en particulier des complications bactériennes pulmonaires qui lui sont parfois associées. Les traitements ne peuvent être actifs que contre ces complications, mais il existe un vaccin efficace qui permet de protéger les sujets à risque contre l’éventualité d’une grippe.

La maladie

La grippe peut se présenter sous des formes variées, surtout en dehors des périodes franchement épidémiques, et le diagnostic en est très difficile sur les seules données cliniques. Beaucoup d’autres virus, et quelques bactéries, peuvent donner des affections tout à fait analogues mais le plus souvent moins graves. La forme typique se caractérise par un début très brusque, marqué par une sensation de malaise général, de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires. La température dépasse 390 et même souvent 400, les signes de coryza ou de pharyngite ne sont pas constants. La fièvre persiste 48 heures, puis la température diminue pour remonter parfois après une journée de répit (V grippal). Dans les cas simples, la fièvre disparaît lentement en un temps variant de 3 à 6 jours, alors que les complications bactériennes (staphylocoques, streptocoques, hémophiles) surviennent à la fin de la phase purement virale. Les complications sont le plus fréquemment pulmonaires (bronchites, pneumonies) mais peuvent aussi se manifester par des encéphalites ou des méningites, des péricardites ou des myocardites, des défaillances rénales. C’est à ce stade de l’évolution de la maladie que les personnes fébriles ou âgées sont les plus sensibles. Les enfants très jeunes peuvent aussi présenter une évolution grave. Au-delà de deux ans, cependant, la grippe est une maladie relativement bénigne chez les enfants sauf pour ceux qui appartiennent, par ailleurs, à une catégorie à risque.

Puisque le diagnostic clinique n’est pas aisé, il est indispensable, dans le cas où il est utile de l’établir avec précision, d’effectuer des examens virologiques: cela n’est fait, dans la pratique, que chez des sujets atteints de formes graves, hospitalisés dans des conditions permettant ces examens. On peut rechercher l’isolement de virus, à partir de prélèvements effectués dans le rhinopharynx dès le début de la maladie (gargarismes, écouvillonnages, lavages). On inocule le matériel qui est supposé contenir le virus à des œufs embryonnés ou à des cultures cellulaires. Le virus est ensuite mis en évidence et identifié grâce à ses propriétés biologiques, en particulier son pouvoir hémagglutinant et ses caractères antigéniques. On peut aussi rechercher la présence, dans le sang des sujets atteints, d’anticorps spécifiques du virus, mais, en raison de l’ubiquité du virus, et donc de la présence fréquente d’anticorps résultant de contacts apparents ou non avec le virus, il est indispensable de rechercher une augmentation du taux des anticorps entre le début de la maladie et la phase de convalescence (ou vers le 10e jour). C’est dire que cette réponse est tardive, mais elle permet d’identifier le virus en cause, même s’il n’a pas pu être isolé.

Le virus

Le virus de la grippe est le prototype du groupe Orthomyxoviridae, genre Influenzavirus. Il est constitué de particules sphériques ou filamenteuses d’un diamètre de 100 nm à la surface desquelles on distingue de petites spicules, sortes de «piquants» donnant un aspect en oursin caractéristique. Ces spicules sont des protéines de surface, piquées dans une membrane lipidique et protéique. À l’intérieur de cette coque se trouve un acide nucléique associé à une autre protéine: c’est un acide ribonucléique (ARN) monocaténaire, segmenté en 8 fragments distincts, doué d’une polarité négative, c’est-à-dire devant être transcrit en ARN complémentaire pour pouvoir jouer le rôle de messager dans la synthèse des protéines. Chacun des 8 segments d’ARN contient une information codée permettant la synthèse d’une ou de plusieurs protéines, au nombre de 12, constituant le virus ou participant à sa synthèse. L’une de ces protéines est l’hémagglutinine, capable, en se fixant sur des récepteurs présents à la surface des globules rouges, de les agglutiner les uns aux autres. Ce phénomène est en fait un modèle de l’interaction, beaucoup plus essentielle, entre virus et cellule sensible: le virus se fixe de la même façon sur les cellules dans lesquelles il est capable de se multiplier. Mais, dans ce cas, il pénètre alors dans la cellule et y met en route son cycle de multiplication.

Épidémiologie et vaccination

La surveillance épidémiologique de la grippe est compliquée par la difficulté d’un diagnostic précis, et cependant elle est indispensable pour permettre la détection des variations du virus. L’O.M.S. a mis en place un réseau international de laboratoires dont l’une des missions est de repérer, de signaler et d’identifier les épidémies de grippe: des Centres nationaux de référence existent dans 71 pays et permettent de déceler dès leur apparition les variants antigéniques. La collecte des informations se fait grâce aux réseaux nationaux de médecins observateurs et de laboratoires de diagnostic. On peut ainsi connaître, pour la France, le nombre de cas diagnostiqués par les examens sérologiques ainsi que le nombre de souches isolées, et ces indications sont confrontées aux indices non spécifiques tels que l’activité des médecins généralistes, l’absentéisme scolaire ou industriel. Des prélèvements effectués spécialement en milieu scolaire permettent aussi une meilleure surveillance de la circulation du virus, même en l’absence d’épidémie franche.

La forme la plus spectaculaire d’évolution de la grippe est la pandémie: il s’agit d’une épidémie qui se répand rapidement au monde entier en causant des maladies graves, correspondant de toute évidence à l’apparition d’un virus nouveau trouvant devant lui une population totalement sensible. Les pandémies surviennent à des intervalles variables et correspondent à de véritables catastrophes naturelles: la pandémie de 1918 a fait des millions de morts dans le monde, celle de 1968, à une époque bien différente, où l’on disposait d’antibiotiques pour combattre efficacement les complications, a causé plus de 16 000 morts pour la France seule. Dans les périodes interpandémiques, on observe des épidémies locales ou nationales, moins sévères mais cependant bien individualisées, marquées par une contagion rapide, une diffusion à distance plus réduite. Entre les années épidémiques, la grippe se manifeste par de petits foyers familiaux, scolaires ou institutionnels ou même seulement par la découverte de cas isolés «sporadiques» n’ayant pas de conséquences collectives.

Ces caractéristiques épidémiologiques s’expliquent très bien à la lumière des connaissances acquises depuis plusieurs années sur les variations du virus grippal. Les pandémies correspondent à l’apparition d’un virus de type A d’un sous-type nouveau, c’est-à-dire possédant une ou des protéines de surface, surtout l’hémagglutinine, différentes de celles des virus précédents: un tel virus n’est pas du tout arrêté par l’immunité acquise contre ses prédécesseurs. Lorsque le virus pandémique a achevé d’envahir la population du globe tout entière avec des taux d’atteinte locaux pouvant dépasser 30 p. 100 ou 40 p. 100, sa diffusion ralentit, et il ne peut plus provoquer que des manifestations épidémiques moins importantes, sauf lorsqu’une variation plus discrète, un glissement antigénique, lui permet d’échapper, au moins en partie au début, à l’immunité préexistante. Chaque étape de glissement pourra correspondre à une petite bouffée épidémique. Des épidémies limitées comme des foyers locaux ou des cas sporadiques peuvent aussi être provoqués par les virus de type B et C.

La culture en masse du virus sur l’embryon de poulet permet la préparation de vaccins. Ceux-ci sont constitués de virus de culture purifié, inactivé, parfois dissocié en sous-unités, injecté par voie sous-cutanée ou intra-musculaire. Ces vaccins induisent la formation d’anticorps dosables au laboratoire et l’apparition d’un état d’immunité qui empêche l’infection, ou en réduit très notablement la gravité. Le virus présent dans le vaccin doit être bien adapté aux conditions épidémiologiques, c’est-à-dire qu’il doit correspondre d’assez près aux souches en circulation. C’est la raison pour laquelle la surveillance internationale est aussi essentielle: si le virus change, le vaccin doit être changé. S’il s’agit d’un nouveau sous-type, à la suite d’une cassure antigénique, celui-ci doit être étudié, adapté à la production d’un vaccin, et utilisé comme semence dans les cultures. S’il s’agit seulement d’un variant résultant d’un glissement, on doit vérifier si le vaccin précédent couvre cette nouvelle spécificité, et, sinon, on doit aussi inclure le variant dans les vaccins. Depuis plusieurs années, on utilise un vaccin trivalent contenant un mélange de virus de formule A/H1N1, A/H3N2 et B. La formule adoptée pour l’hiver 1983-1984 est la suivante: A/Brazil/78 (H1N1), A/Philippines/2/82 (H3N2), B/Singapore/79. Une seconde condition pour une efficacité satisfaisante est la date d’administration du vaccin: l’immunité nécessitant un délai de 15 jours pour s’installer après la vaccination, il faut vacciner quelques semaines avant la date où risquent de commencer les épidémies. En pratique, on lance les campagnes d’immunisation en septembre et en octobre afin de prévoir les épidémies les plus précoces. L’immunité acquise sera alors très largement satisfaisante pour assurer une protection pendant toute la durée de l’hiver. Les vaccins actuels, hautement purifiés, sont généralement bien tolérés, à l’exception de quelques réactions locales éventuelles de courte durée. On recommande la vaccination à toutes les personnes considérées comme exposées à un risque particulièrement élevé: personnes de plus de 65-70 ans, insuffisants cardiaques, rénaux, pulmonaires, diabétiques. On peut vacciner les enfants de plus d’un an s’ils entrent dans ces catégories, et la grossesse n’est pas une contre-indication en soi.

grippe [ grip ] n. f.
XVIIe; « griffe », fig. « rapine, querelle » XIIIe; de gripper
1Vx Fantaisie soudaine, caprice.
(1762) Mod. PRENDRE EN GRIPPE : avoir une antipathie soudaine contre (qqn, qqch.). « j'avais pris en grippe cette belle ville » (Mérimée).
2(1743; parce qu'elle saisit brusquement) Cour. Maladie infectieuse, à virus, contagieuse, souvent épidémique, caractérisée par un abattement général et des symptômes variés (fièvre, courbatures, atteintes des voies respiratoires parfois compliquées d'infections bactériennes). influenza. Épidémie de grippe. Attraper, avoir la grippe. Vaccin contre la grippe. Grippe espagnole, asiatique (selon l'origine de l'épidémie).Grippe intestinale, accompagnée de troubles intestinaux.

grippe nom féminin (de gripper, au sens ancien de saisir brusquement, ou francique grip) Maladie infectieuse, contagieuse et épidémique, d'origine virale, généralement caractérisée par de la fièvre, de la fatigue, des céphalées, des courbatures, une rhinite et une bronchite. ● grippe (difficultés) nom féminin (de gripper, au sens ancien de saisir brusquement, ou francique grip) Orthographe Avec deux p. Remarque Grippage, gripper, grippe-sou s'écrivent également avec deux p. Comme grippe, ils se rattachent à gripper dont le sens ancien était « saisir brutalement » (comparer à agripper). ● grippe (expressions) nom féminin (de gripper, au sens ancien de saisir brusquement, ou francique grip) Prendre quelqu'un en grippe, avoir de l'aversion, de l'antipathie. ● grippe (homonymes) nom féminin (de gripper, au sens ancien de saisir brusquement, ou francique grip) grip nom masculin grippe forme conjuguée du verbe gripper grippent forme conjuguée du verbe gripper grippes forme conjuguée du verbe gripper

grippe
n. f.
d1./d Loc. Prendre en grippe: avoir de l'aversion, de l'antipathie pour.
d2./d Maladie infectieuse, épidémique, contagieuse, caractérisée par de la fatigue, de la fièvre, des douleurs musculaires, des troubles pulmonaires et parfois digestifs.

⇒GRIPPE, subst. fém.
I. A. — Rare. Prise, emprise. Au fig. Débattez-vous contre la vérité qui vous tient. La grippe est bonne. Elle ne vous lâchera plus (CLÉMENCEAU, Iniquité, 1899, p. 276).
Rem. Emploi chez Roy au sens de « rapine » dans la loc. de grippe et de grappe. V. grappe B rem.
B. — Vieilli. Caprice dicté par une mode; goût passager ou subit pour quelque chose. C'est la grippe de bien des gens d'acheter beaucoup de livres qu'ils ne lisent point (Ac. 1798-1878). Dans un chapitre de ses Considérations, il [Duclos] a très-bien décrit ce travers du persiflage et de la méchanceté qui fut quelque temps une mode, une fureur, une espèce de grippe qui règnait sur tout Paris (SAINTE-BEUVE, Caus. lundi, t. 9, 1851-62, p. 217).
Rem. Emploi ,,familier et peu usité`` d'apr. Ac. 1835, 1878.
C. — [Par antiphrase de se prendre de grippe pour (qqn ou qqc.)] Loc. Avoir, prendre en grippe (qqn ou qqc.). Manifester une prévention motivée ou non contre (quelqu'un ou quelque chose). Au reste (...) ce manque de soins me ferait prendre en grippe les monastères et il me rendrait odieux votre Moyen Âge! (HUYSMANS, Là-bas, t. 2, 1891, p. 28). Mirbeau, qui l'avait en grippe [Sarcey] , ayant écrit de lui qu'il mangeait du « caca », le bonhomme du Temps répliqua : « Qu'en sait-il? Je n'ai jamais dîné chez lui » (L. DAUDET, Qd vivait mon père, 1940, p. 70) :
1. La nostalgie de Paris, qui avait, dès le début de l'exil, rendu à Juliette insupportable tout lieu fautif de ne pas être Paris, s'était encore aggravée à Lyon, ville pesante et fermée, comme une peine secrète et sans issue, une ville mal faite pour consoler. Juliette allait jusqu'à prendre en grippe ceux qui prétendaient se plaire à Lyon, comme des êtres anormaux, cultivant le malheur, y trouvant une délectation morose.
TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 72.
II. A. — [Chez l'homme] Maladie infectieuse fébrile très contagieuse due à un virus dont il existe plusieurs types, caractérisée par une atteinte des voies respiratoires et dont l'évolution peut revêtir une certaine gravité pour des sujets faibles. Synon. méd. (vieilli) influenza. Ne venez pas, ma belle amie. Je suis infect, et je vous empoisonnerais de mon haleine. J'ai une belle grippe avec accompagnement de fièvre et sueurs. Je crache, je tousse, je mouche, etc.! Il ne faut pas me voir, ma vanité en souffrirait trop (FLAUB., Corresp., 1873, p. 75). Il est évident qu'un tel vaccin, s'il est efficace dans la plupart des cas de grippe endémique, peut, à tout moment, se trouver en défaut s'il ne correspond plus à la souche morbide en cause (R. SCHWARTZ, Nouv. remèdes et mal. act., 1965, p. 133) :
2. Très peu de temps après, (...) il perdait Madame Jacquemin, emportée par une attaque de grippe infectieuse, en pleine jeunesse, en pleine beauté.
R. BAZIN, Blé, 1907, p. 129.
SYNT. Accès, épidémie de grippe; grippe asiatique, espagnole; grippe d'été; grippe commune, maligne; une grippe carabinée (fam.); attraper la grippe.
Grippe intestinale. Grippe accompagnée de troubles gastro-intestinaux. Vallette m'apprend la mort d'Apollinaire (...). Grippe intestinale compliquée de congestion pulmonaire (LÉAUTAUD, Journal littér., 3, 1910-21, p. 283).
B. — Maladie infectieuse de certains mammifères caractérisée par des lésions bronchiques et pulmonaires. Grippe bovine, grippe du cheval (VILLEMIN 1975); grippe porcine (Méd. Biol. t. 2 1971). La grippe existe (...) chez l'animal. On a suivi une épidémie parallèle de grippe chez l'homme et le porc en 1918 (Lar. méd. 1970).
REM. Grippe-influenza, subst. fém., synon. de grippe (supra II). L'histoire des Épidémies de Grippe-Influenza nous a montré que ce qui les caractérise c'est leur universalité (MÉNÉTRIER, STÉVENIN ds Nouv. Traité. Méd., fasc. 3, 1927, p. 49).
Prononc. et Orth. : []. Ds Ac. dep. 1740. Étymol. et Hist. 1. a) Fin XIIIe-début XIVe s. grippe de fer « griffe, croc » (Débat du Corps et de l'Ame ds Anc. th. fr. t. 3, p. 334); 2. 1306 « querelle » (G. GUIART, Royaux Lignages, 786 ds T.-L.); 3. a) 1632 « fantaisie soudaine, caprice » (CORNEILLE, Mascarade des enfants gâtés, 89 ds Œuvres complètes, éd. Ad. Régnier, t. 10, p. 41); b) 1751 prendre en grippe (DUCLOS, Mémoires pour servir à l'histoire des mœurs du 18e s., t. 2, p. 3); 4. 1743 « catarrhe épidémique » (FRÉDÉRIC II, Lettre à Voltaire, 78, 6 avr. ds ROB.). Soit déverbal de gripper; soit, d'apr. BL.-W.2-5, empr. à un frq. grip, qui serait une altération de grif (s.v. griffe). La loc. prendre en grippe est prob. issue par antiphrase de grippe au sens de « caprice ». L'emploi de grippe au sens 4 vient de ce qu'il s'agit d'une maladie qui saisit brusquement. Fréq. abs. littér. : 314. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 164, b) 770; XXe s. : a) 247, b) 629. Bbg. GOHIN 1903, p. 349. - SAIN. Sources t. 2 1972 [1925], t. 3 1972 [1930], p. 110.

grippe [gʀip] n. f.
ÉTYM. 1306, « querelle »; grippe de fer « croc », fin XIIIe; déverbal de gripper, ou directement empr. au francique grip, altér. de griff. → Griffe.
———
I
1 (1632). Vx. Fantaisie soudaine, goût passager, caprice.
1 Mais encor suis-je plus heureux
Que tant de fous et d'amoureux
Qui se sont perdus par leurs grippes.
Corneille, Poésies diverses, 39.
2 C'est un homme (le duc de Noailles) de grippe, de fantaisie, d'impétuosité successive, qui n'a aucune suite dans l'esprit que pour les trames, les brigues (…)
Saint-Simon, Mémoires, III, LXII.
2 (1762). Loc. mod. Prendre (qqn ou qqch.) en grippe : avoir une antipathie soudaine contre (qqn, qqch.). → Abreuver, cit. 8; embarras, cit. 9. || Elle l'avait pris en grippe : elle ne pouvait plus le souffrir (→ Ne plus pouvoir voir en peinture).
3 Voilà quel était l'homme qui, toujours par le même motif peut-être, me prit en grippe, uniquement sur ce que je le servais fidèlement.
Rousseau, les Confessions, VII.
4 Cette tante Séraphie m'avait pris en grippe, je ne sais pourquoi, et me faisait sans cesse gronder par mon père.
Stendhal, Vie de Henry Brulard, 8.
5 Je n'avais pas l'intention d'y faire un long séjour, car j'avais pris en grippe cette belle ville (…)
Mérimée, Carmen, II.
6 Je n'ai jamais été bien forte pour lire les journaux, mais, à présent, je les ai pris en grippe.
Sartre, le Sursis, p. 77.
3 Littér. Rare. Emprise, fait d'agripper, de tenir.
———
II (1743; parce qu'elle saisit brusquement).
1 Cour. Maladie infectieuse à virus, contagieuse, en général épidémique, caractérisée par des symptômes variés (fièvre, courbatures, atteintes des voies respiratoires parfois compliquées d'infections bactériennes). Influenza. || Elle est au lit avec la grippe. || Rhume compliqué de grippe. || Épidémie de grippe. || Accès de grippe. || Attraper, avoir la grippe.
7 Je suis bien fâché d'apprendre que la grippe vous ait si fort abattu. Je me flatte que l'esprit soutiendra le corps, comme l'huile fait durer la flamme dans la lampe.
Frédéric II, Lettre à Voltaire, 78, 6 avril 1743.
8 Vous avez peut-être ouï parler de ces mauvais rhumes épidémiques, auxquels les Français, qui nomment tout, ont donné le nom de grippe, qui est en effet très significatif.
Bonnet, Lettres diverses, in Littré.
9 En somme, des gens comme Gigon, des gens chez qui le sang est fort, peuvent très bien, à l'occasion d'une petite grippe… Et puis, quoi de plus naturel ? Une grippe, voilà qui tourne facilement à la pneumonie.
G. Duhamel, Salavin, II, p. 165.
Grippe espagnole, asiatique (d'après l'origine de l'épidémie).
Grippe intestinale, accompagnée de troubles gastro-intestinaux.
tableau Principales maladies et affections.
2 Maladie infectieuse (des animaux) avec lésions bronchiques et pulmonaires. || Grippe bovine, porcine.
DÉR. (Du sens II) Grippal, 1. grippé.
COMP. V. Antigrippal.
HOM. Grip.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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